L’instinct maternel : mythe ou réalité ?

L’instinct maternel : mythe ou réalité  ?

C’est une question récurrente que ce soit dans mes consultations ou dans mon entourage proche : « Suis-je une bonne mère? », avec toute la culpabilité maternelle et le mythe de cet « instinct maternel » planant.

C’est dans l’idée de déconstruire ce mythe que je vous propose cet article. Nous répondrons à différentes questions : 

  • de quoi parle-t-on ?
  • y a-t-il de l’inné dans l’amour maternel ?
  • l’amour maternel se produit-il systématiquement ?

Mais tout d’abord, un peu d’histoire : 

Depuis quand existe la notion d’instinct maternel ?

C’est un terme qui apparaît en 1760, idée neuve en Occident. Auparavant, beaucoup d’enfants mourraient en bas âge et peu de considération était alors portée à l’enfant, considéré comme une ébauche grossière d’être humain.

L’abandon était commun, beaucoup d’enfants étaient élevés par des nourrices. Au Moyen-Age et à la Renaissance, l’église et les gouvernements créent des centres d’accueil car l’abandon des enfants était devenu un problème social de grande ampleur.

A la fin du 18e siècle, le regard sur l’enfance change et le rôle de mère devient valorisé.

C’est dans ce contexte historique qu’apparaît le terme d’ « instinct maternel ».

Quelque chose d’instinctif se passe-t-il à la naissance?

Il peut y avoir un instinct de protection inné. L’instinct est un comportement transmis par voie génétique et qui s’exprime en l’absence d’apprentissage. Cela peut s’observer chez les animaux notamment quand un animal d’une espèce s’occupe d’un petit d’une autre espèce (preuve de l’absence d’apprentissage).

Chez les femmes, c’est plus complexe, il n’y a pas d’inné, c’est un apprentissage !

Il y a certes des sécrétions hormonales (l’ocytocine) au moment de la naissance, le lait maternel peut se mettre à couler du sein quand le bébé pleure mais ces manifestations sont dépendantes de l’état psychologique de la mère.

Nous ne sommes pas comme les animaux, l’inconscient et l’histoire personnelle de chacune jouent un rôle important.

instinct maternel

L’amour maternel est un phénomène psychique complexe et non pas un comportement inné et naturel.

Comment nait l’amour maternel pour un enfant?

De la mère qu’il n’est as naturel de devenir mère, il n’est pas naturel d’aimer son enfant.

La maman et l’enfant se confrontent à la réalité de leur rencontre au moment de la naissance (nous reviendrons dans un autre article sur la rencontre au moment de la grossesse). Et comme chaque rencontre, il peut y avoir un coup de foudre ou un amour qui se contruit, un lien qui se tisse lentement parce que cela peut prendre du temps de se connaître.

Cet amour se crée lors des échanges, pendant l’allaitement ou la prise du biberon, lors du port dans les bras, d’une parole adressée au bébé.

L’inné, c’est le biologique. Nous sommes de la biologie mais dérangée par notre humanité, notre langage, notre imaginaire.

Peut-il ne pas y avoir d’élan maternel?

Parfois l’accouchement et la grossesse ont pu être vécus comme de terribles épreuves.

La naissance d’un enfant est un véritable bouleversement émotionnel.

Les mères peuvent vivre un réel désarroi devant ce bébé qui hurle, ce bébé qui ne mange pas, cet enfant difficiles à comprendre et dont les comportements peuvent être vécus comme de véritables attaques.

Les mères peuvent se sentir fatiguées, découragées, excédées. Chacune et chacun a pu ressentir des sentiments tel que l’amour mais aussi le rejet, la frustration voire pour un court instant détester ce petit être. 

Ainsi, l’amour maternel ne se produit pas systématiquement à la naissance. C’est avant tout une rencontre avec l’enfant. Ce bébé, c’est un petit étranger et tout le monde apprend à se connaitre à partir de la naissance.

Une patiente qui s’était toujours bien occupée de sa fille me racontait : « j’ai mis un an à comprendre que j’étais mère, je ne trouvais pas ma place, je ne savais pas si j’étais une bonne mère. Et puis un jour, j’ai compris, il m’aura fallu un an ».

Un petit bout de réponse dans cette émission : 

https://www.francebleu.fr/emissions/et-si-en-parlait/champagne-ardenne/et-si-en-parlait-29

Le jeu chez l’enfant

Le jeu chez l’enfant

A quoi l’activité du jeu peut-il bien servir chez l’enfant?

Nous partirons de quelques idées reçues pour développer un aperçu de l’utilité et de la nécessité du jeu  chez les enfants telles que : 

  • « il joue tout le temps »
  • « il préfère jouer qu’apprendre »
  • « il est trop grand pour jouer autant »
  • « il est attiré par les jeux de bébé »
  • « les poupées, c’est pour les filles »
  • « dans ses jeux, il raconte n’importe quoi »

Si vous retrouvez une phrase prononcée parmi ces énoncés, je vous propose de continuer la lecture de l’article. Sinon, laissez vous guider par votre curiosité !

A quoi ça sert de jouer ?

Cela sert à grandir !

L’enfant joue ainsi ses peurs, il joue le monde qui l’entoure pour le comprendre, se projeter dans le futur, imaginer son avenir et apprendre.

Le jeu répond au besoin chez l’enfant d’exprimer son monde intérieur, de revivre sa famille et d’être acteur pour grandir.

Jouer est un signe de « bonne santé » psychique.

Pourquoi des enfants « grands » jouent-ils avec des jeux «  de bébé » ?

Régresser n’est pas une perte, c’est un retour à l’état connu.

Jouer avec un jeu « de bébé », c’est jouer avec un jeu qui possède sa croissance, son histoire et aussi une forme de sécurité.

D’ailleurs, le bébé joue d’abord avec son corps et notamment avec sa bouche qui est un « véritable tapis d’éveil » selon Sophie Marinopoulos. par la bouche passe les premières expériences constructives, d’appréhension du monde. C’est aussi une première expérience d’autonomie, en dehors du père et la mère. Pour jouer, il faut en effet pouvoir se dégager de l’autre.

Pourquoi les enfants jouent-ils « au docteur »?

Au début, pour l’enfant, « on est tous pareils ». Et puis un jour l’enfant découvre qu’il y a « des comme lui et des pas comme lui » c’est à dire « ceux qui l’ont (= le pénis) et « ceux qui ne l’ont pas ». Halte là, l’affaire est grave !

jeu enfant

C’est une heureuse découverte pour l’enfant mais le monde change pour lui : « Papa et Maman » sont différents, le monde se divise en deux (sans y ajouter la diversité de se sentir dans un genre ou pas, mais c’est une autre question). Et surtout, l’enfant découvre que ses parents ont des choses à faire ensemble.

La curiosité sexuelle est saine. Les enfants vont se découvrir à partir de cette différence majeure qu’est la différence des sexes.

En général cela dérange les parents qui y projettent leur propre rapport à la sexualité.

« Je m’ennuie, j’sais pas quoi faire »

Quelle phrase culte dans les familles.

S’ennuyer, c’est bien. C’est devoir faire appel à son imagination, cela oblige à penser et participe à la création de cette dite pensée.

Un peu d’écran, passe mais attention à ne pas céder à la tentation de vouloir combler l’ennui par du temps passé devant un écran.

« On disait que… », les jeux de « faire semblant »

Jouer à faire semblant c’est être un autre que soi.

C’est jouer ses pires cauchemars, encore et encore.

Cela permet à l’enfant de jouer avec les thèmes de la mort, de la perte, du conflit.

Derrière ces jeux, la question de l’autorité se retrouve, la peur de grandir, la crainte de perdre ceux qu’on aime, d’être fragile, seul.

Le jeu est une activité de vie. En se mettant dans la peau d’un autre, l’enfant devient lui même.

 

Un petit bout de réponse dans cette émission : 

https://www.francebleu.fr/emissions/et-si-en-parlait/champagne-ardenne/et-si-en-parlait-56